En ville ·

Le chemin du canal

Le trajet est plus long de vingt minutes. Je le prends quand même quand il vient de pleuvoir.

Canal bordé de briques et de pavés mouillés, avec une péniche, un vélo et une conduite de cuivre au-dessus de l’eau.
Après l’averse, depuis le petit pont. Le vélo attendait déjà là à l’aller.

Le passage le plus direct vers chez moi longe les ateliers de compression. On y gagne du temps et on y perd toute possibilité de s’entendre penser. Ce soir, j’ai fait le détour par le canal. La pluie venait de s’arrêter et les pavés reflétaient encore les lampes.

Une péniche attendait l’ouverture du pont. Son conducteur prenait le temps de repriser une bâche pendant que deux enfants comptaient les bulles près d’une bouche d’évacuation. Plus loin, la conduite aérienne craquait en refroidissant. J’aime ce bruit quand ce n’est pas à moi de remplir le relevé qui va avec.

Je suis arrivé avec les bas humides et le pain un peu écrasé. Aucun regret. Il faudra seulement que je pense à réparer la semelle gauche avant la prochaine promenade philosophique.

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